
À l’aube de l’introduction des moteurs hybrides en Formule 1, Renault s’attaque en 2014 à une nouvelle technologie en sport automobile avec laquelle la marque française est pionnière dans l’industrie depuis 2011 et le lancement, entre autres, de la Zoé. Les véhicules électriques occupent ainsi une place essentielle dans la stratégie du groupe au Losange et, par prolongement, de son partenaire Nissan dans l’Alliance, avec une domination commerciale en Europe et à l’internationale.
Pour soutenir une croissance encore faible mais certaine de cette motorisation, la Fédération Internationale de l’Automobile soutient l’initiative d’Alejandro Agag de créer un championnat de monoplaces électriques dont l’objectif est de proposer des courses en ville avec des bolides hautes-performances, afin de démontrer l’efficacité et la pertinence de cette technologie. Misant sur un châssis et un aérodynamisme identique pour tous, la réglementation se veut ouverte sur la propulsion, afin de favoriser l’innovation.
Dès les premiers mois de création du championnat, Renault s’associe au projet afin de fournir son expertise dans un rôle de superviseur dans l’intégration de tous les systèmes embarqués, tout en travaillant sur l’optimisation des performances du groupe motopropulseur ainsi que sur les éléments de sécurité de la voiture. La Spark-Renault SRT_01E puis Spark SRT_01E sont ainsi nées avec un lancement en deux étapes. La première saison voit l’ensemble des concurrents disposer d’une même voiture, la première citée, puis la réglementation autorise la conception individuelle où chacun est libre d’apporter sa propre technologie.
En plus d’avoir été un partenaire technique en amont du lancement du championnat, Renault s’implique sportivement avec la création d’une équipe usine. Associé à DAMS, le Losange créée e.Dams-Renault puis Renault e.Dams. Elle recrute l’ancien pilote de Formule 1 et actuel pensionnaire de Toyota en WEC Sébastien Buemi, et un fidèle de la maison, Nicolas Prost. Avec sa domination commerciale, son savoir-faire technique et sa renommée en sport automobile, Renault fait figure de favori pour chercher des victoires et des titres.
Dans une première saison 2014-2015 où toutes les équipes disposent de la même machine, Renault s’illustre par une bonne exploitation, logique, de sa Spark-Renault SRT_01E. Nicolas Prost est le premier à signer une pôle position de l’Histoire de la Formule E et échoue à s’imposer dans l’ultime virage de la course, avec un accrochage avec son principal adversaire du jour. Une occasion manquée rapidement oubliée avec la victoire de Sébastien Buemi lors de la troisième épreuve. Dans des courses endiablées et souvent à rebondissements, le Losange tire son épingle du jeu et s’impose au classement des constructeurs. Elle loupe cependant le titre des pilotes pour un petit point, face à son ancien pilote de Formule 1, Nelson Piquet Jr.
La saison suivante voit les constructeurs installer leur propre technologie. Renault introduit le bloc Z.E.15 et réalise une grande saison. La firme au Losange affiche sa supériorité technique avec cinq victoires, quatre pôles positions, neuf podiums en dix courses disputées. Face à Audi, la lutte est serrée. Si le titre des constructeurs est sécurisé confortablement, celui des pilotes se joue dans l’ultime épreuve à Londres. À égalité de points au départ avec Lucas di Grassi, Sébastien Buemi doit finir devant pour gagner.
En pôle position, il s’élance parfaitement. Battu, le brésilien sort son rival suisse dans une manœuvre anti-sportive. L’Audi et la Renault, fortement endommagées, repartent mais sont hors-courses pour le top 10, synonyme de points. Seul le meilleur tour, créditeur de deux unités, va pouvoir déterminer le champion. Lucas di Grassi dispose d’une voiture trop affaiblie pour prétendre pouvoir signer un bon chrono. Sa seule solution est de gêner la Renault dans chacune de ses tentatives.
Une situation totalement inédite et ubuesque se déroule sous les yeux du public, mais Sébastien Buemi, malin, parvient à obtenir une piste claire pour décrocher le meilleur tour. Il décroche en conséquence le titre de champion des pilotes, et aussi étonnement que cela puisse paraître, Lucas di Grassi échappe à toute(s) sanction(s). L’honneur est cependant sauf pour Renault, dont c’est le carton plein.
Le Losange confirme d’ailleurs sa supériorité la saison suivante avec une Z.E.16 encore plus redoutable. Elle signe six victoires et décroche un troisième titre des constructeurs consécutifs. Elle perd cependant celui des pilotes face à son rival brésilien en raison de l’absence de Sébastien Buemi sur un week-end de deux courses. La Formule E dispose de nombreux pilotes engagés en WEC dont le calendrier présente un conflit d’agenda. L’Endurance est, dans ce cas, priorisé. Cela permet de voir Pierre Gasly faire une pige avec succès dans la Renault, mais prive le pensionnaire suisse de précieux points et, in fine, du titre.
La saison 2017-2018 voit la firme de Boulogne-Billancourt initier sa dernière participation en son nom en Formule E. Une décision interne à l’Alliance permet à Nissan de prendre le relai l’année suivante, toujours aux côtés de Dams, sous une licence française et avec une technologie encore développée par Viry-Châtillon – et donc Renault. L’arrivée de la firme japonaise coïncide, par ailleurs, avec l’introduction d’une nouvelle monoplace et d’une technologie électrique encore plus évoluée.
Pour cette ultime présence en Formule E, Renault entre péniblement dans le rang. En réalité, le constructeur français est pleinement tourné sur le développement du prochain groupe motopropulseur, et souffre d’une exploitation hasardeuse. Elle est largement dominée par sa cliente Techeetah dont les résultats poursuivent l’hégémonie de la technologie Renault sur ce premier cycle réglementaire. L’équipe chinoise décroche le titre des pilotes et échoue à obtenir celui des constructeurs pour deux unités seulement.
Chez Renault e.Dams, c’est la douche froide avec une cinquième place finale, sans la moindre victoire. Le Losange décroche tout de même trois pôles position et autant de podiums en douze courses disputées. Si la saison 2017-2018 laisse donc un sentiment mitigé, il ne doit pas faire oublier l’incroyable palmarès de la marque en Formule E. Sur 45 ePrix et quatre saisons, Renault représente 20 victoires, 18 pôles position, 42 podiums, 11 meilleurs tours et surtout cinq titres de champion, dont un acquis avec Techeetah.
Renault quitte ainsi officiellement la discipline la tête haute, en laissant une équipe forte à Nissan. Le Losange garde néanmoins son expertise à travers ses équipes techniques basées à Viry-Châtillon, de quoi envisager, peut-être, un retour.
| Informations | Statistiques |
|---|---|
| Saisons | 4 |
| ePrix | 45 |
| Titres des constructeurs | 3 |
| Titre des pilotes | 1 |
| Victoires | 15 |
| Pole positions | 14 |
| Meilleurs tours | 10 |
| Podiums | 28 |
| Points | 770 |
CHAMPION DU MONDE DES CONSTRUCTEURS
Vice-Champion du monde des pilotes (Sébastien Buemi 2e, Nicolas Prost 6e)
| Informations | Statistiques |
|---|---|
| ePrix | 11 |
| Titre des constructeurs | 1 |
| Titre des pilotes | 0 |
| Victoires | 4 |
| Pole positions | 5 |
| Meilleurs tours | 2 |
| Podiums | 7 |
| Points | 232 |
CHAMPION DU MONDE DES CONSTRUCTEURS
CHAMPION DU MONDE DES PILOTES (Sébastien Buemi 1er, Nicolas Prost 3e)
| Informations | Statistiques |
|---|---|
| ePrix | 10 |
| Titre des constructeurs | 1 |
| Titre des pilotes | 1 |
| Victoires | 5 |
| Pole positions | 4 |
| Meilleurs tours | 6 |
| Podiums | 9 |
| Points | 270 |
CHAMPION DU MONDE DES CONSTRUCTEURS
Vice-Champion du monde des pilotes (Sébastien Buemi 2e, Nicolas Prost 6e, Pierre Gasly 16e)
| Informations | Statistiques |
|---|---|
| ePrix | 12 |
| Titre des constructeurs | 1 |
| Titre des pilotes | 0 |
| Victoires | 6 |
| Pole positions | 2 |
| Meilleurs tours | 2 |
| Podiums | 6 |
| Points | 268 |
5e du championnat des constructeurs
Sébastien Buemi 4e, Nicolas Prost 19e
| Informations | Statistiques |
|---|---|
| ePrix | 12 |
| Titre des constructeurs | 0 |
| Titre des pilotes | 0 |
| Victoires | 0 |
| Pole positions | 3 |
| Meilleurs tours | 0 |
| Podiums | 4 |
| Points | 133 |