
Les dernières 6 Heures de Spa-Francorchamps ont été l’occasion pour Alpine de se retrouver au centre des discussions dans le paddock belge. À la recherche de solutions pour faire rouler ses A424 en 2027 après son retrait officiel du WEC, le A fléché pourrait trouver son salut du côté de la Chine, et plus précisément de BYD. En Formule 1, Luca de Meo pourrait faire un retour inattendu et remarqué à Enstone grâce au sponsoring.
Le nom ne vous est certainement pas inconnu. À renfort de publicités, d’une omniprésence dans les médias, BYD tente une percée agressive sur le marché automobile européen. L’un des géants parmi les nombreux constructeurs de l’Empire du Milieu veut s’installer durablement à l’international. Cela d’autant plus que le commerce domestique connaît une période compliquée, pour ne pas dire une crise. Rien que pour le mois d’avril, les ventes ont chuté de -21,6% sur un an, de -15,5% pour BYD dont le bénéfice net a lui chuté de -55% au premier trimestre. Une tendance inquiétante – loin d’être nouvelle -, renforcée par la fin des subventions gouvernementales, d’une compétition féroce et d’un pouvoir d’achat local en berne.
Dans ce contexte, les marques chinoises cherchent à exporter leur production et conquérir de nouveaux territoires, pour rentabiliser leurs usines, leurs investissements et être moins exposés à la demande locale. Nous connaissons bien Geely pour sa co-entreprise avec Renault autour de Horse Powertrain. Cette dernière suscite un certain espoir pour des programmes en sport automobile. C’est cependant du côté de BYD qu’Alpine pourrait trouver une solution pour son programme en Endurance. La marque chinoise voit d’un bon œil la compétition mécanique pour développer sa notoriété et sa légitimité en dehors de ses frontières.
Là où Renault adopte une approche défensive avec une réduction massive de ses coûts et donc de ses programmes, BYD est à l’offensive et étudie de nombreuses options. En mars dernier, on citait déjà la marque pour une arrivée en Formule 1, soit avec sa propre équipe – la douzième formation – ou en s’alliant avec une structure existante. Alpine a d’ailleurs été citée en ce sens. Les dirigeants du géant chinois étaient en tout cas à Shanghai pour suivre le Grand-Prix et probablement rencontrer les bonnes personnes.
Désormais, il s’agirait de confier et badger les A424 à la manière de Nissan en Formule E. Le constructeur de l’Empire du Milieu s’engagerait en WEC, Signatech serait nommé pour l’opération et le développement avec le soutien de Viry-Châtillon. Aux frais de BYD bien sûr. Un moyen pour Alpine Tech de remporter un gros contrat, assurer des revenus et maintenir sa présence ainsi que son savoir-faire dans l’élite de l’Endurance. C’est l’hypothèse, à priori, privilégiée par Axel Plasse, son Vice-Président.
" Je ne peux pas révéler les discussions qu’on a, mais c’est le scénario idéal pour les équipes : trouver un constructeur qui veut engager la voiture, avec la même équipe de développement et la même équipe d’exploitation ", expliquait-il début mai pour le compte d’Endurance24.fr. " Pour un nouvel arrivant, ce serait un très bon scénario : il aurait tout de suite une équipe rodée, une bonne voiture, une bonne base, et il serait immédiatement compétitif en 2027. C’est clairement le scénario qu’on privilégie. "
Les rumeurs de Spa-Francorchamps ne sont pas très claires sur les modalités de l’accord discuté. Certains médias évoquent même une vente possible de Viry-Châtillon à l’horizon 2028 au bénéfice de BYD. Si plus rien ne nous étonnerait aujourd’hui, ce serait tout de même un sacré camouflet de voir l’excellence française passer sous pavillon chinois, un autre coup de poignard de la Direction actuelle du groupe Renault au passé et à l’ADN sportif du Losange. Une sacrée ironie, aussi, à l’heure où le gouvernement d’Emmanuel Macron utilise la marque Alpine pour promouvoir la technologie " made in France " dans ses vidéos promotionnelles pour se vendre à l’international.
Nous n’en sommes cependant pas là, il n’est pas impossible qu’une participation de BYD dans Signatech – on rappelle que le groupe Renault détient une part minoritaire – soit évoquée, de quoi aussi créer la confusion sur le futur de Viry-Châtillon. Le site parisien, en plus de l’Endurance – et dont ce n’était pas l’activité majeure – s’occupe, rappelons-le, de la Formule E pour Nissan, de projets industriels d’excellence, de la compétition cliente et dans une moindre mesure encore du Rallye-Raid et de ce qu’il reste en Formule 1 et en hydrogène.
" Viry n’est pas uniquement un site dédié à Alpine ou Renault ", précise Axel Plasse, toujours à Endurance24.fr. " On travaille déjà pour d’autres clients. Historiquement avec Nissan en Formule E, où nous avons été champions du monde, mais aussi sur d’autres programmes motorsport. Faire un programme WEC avec Signatech pour un autre constructeur, c’est quelque chose de tout à fait envisageable. "
La discipline reine fait d’ailleurs aussi l’objet d’une rumeur intéressante concernant le sponsoring de l’équipe officielle du groupe. Depuis 2022, BWT est le partenaire titre du A fléché. On lui doit la couleur rose sur les carrosseries des monoplaces françaises en Formule 1. Le contrat arrive à échéance à l’issue de cette saison 2026 et des négociations sont en cours pour le prolonger. Alpine joue cependant la carte de la concurrence et discute avec divers prospects. L’un d’entre eux est l’entreprise de luxe Gucci.
Ce nom est apparu dans la presse ce mardi et a la particularité d’être l’une des marques majeures du groupe Kering dont le Président n’est autre qu’un certain Luca de Meo. L’ancien CEO du groupe Renault, certainement bien au fait des modalités du contrat de BWT, souhaiterait utiliser la Formule 1 pour ses conquêtes en Europe et Amérique, et reviendrait en ce sens en soutenant " son " équipe. Aidé par Flavio Briatore avec qui Luca de Meo entretient d’excellentes relations, ce partenariat collerait à l’image sportive et haut-de-gamme d’Alpine. De quoi aider à améliorer sa valeur à l’heure où celle-ci atteint des sommets en même temps que ses résultats en piste s’améliorent. Une opportunité aussi, d’une certaine façon, d'influencer d’éventuels investisseurs pour les 24% d’Otro, Mercedes en tête – dont on dit qu’il s’agirait du favori.
Beaucoup de bruits à ce stade, certainement du vrai dans toutes ces rumeurs, mais aussi de nombreuses discussions encore en cours. L’espoir de voir l’A424 poursuivre sa route à la façon de Nissan en Formule E est réel, au même titre que de voir l’équipe de Formule 1 étoffer son panel de partenaires et ainsi renforcer son attractivité. Cette dernière ne manque pas pour Alpine et si ces accords ne feront pas revenir le moteur Renault en Formule 1, ils gardent en vie Viry-Châtillon et Alpine Tech. C’est le mieux que nous pouvons espérer aujourd’hui…
Un point et un nouveau top 10 en qualifications pour Alpine
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Des promesses puis la chute pour Alpine à Spa
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