
C’est un fait, l’écurie usine officielle Alpine ne sera plus sur les grilles de départ du championnat du monde d’Endurance WEC la saison prochaine. 2026 est sa dernière année avec une A424 revue en profondeur, et déjà auteure d’une solide performance le week-end dernier à Imola. Pour autant, le prototype français pourrait poursuivre son aventure à travers plusieurs formats, toujours financés par des sources externes. Quant aux ambitions hydrogènes, celles-ci sont mises en pause.
Le sport automobile n’est pas la priorité du groupe Renault, ce n’est plus un secret depuis la nomination de François Provost il y a près d’un an. Les coupes dans les programmes sont drastiques, et on ne s’étonne même plus d’apprendre la fin des développements autour de la technologie hydrogène. Alpine était l’un des acteurs les plus engagés dans ce domaine, avec l’optique d’impliquer en course un prototype à l’horizon 2028. L’Alpenglow, le concept roulant aperçu la dernière fois lors des 24 Heures du Mans 2025, est mis au placard en attendant des jours meilleurs.
" Nous ne voyons pas d’avenir à court terme pour la mobilité des voitures particulières à l’hydrogène ", explique Axel Plasse, le Vice-Président d’Alpine Tech, à Sportscar365.com. " Nous mettons en pause la quasi-totalité de nos développements sur cette technologie. Nous disposons de bons atouts, notamment dans le développement de l’hydrogène liquide, mais nous les mettons en veille, car le marché s’oriente clairement vers l’électrique à batterie à l’heure actuelle. "
Le groupe Renault laisse donc seule la marque Toyota dans cet univers de l’hydrogène sportif pour l’Endurance afin de se concentrer sur la propulsion électrique " conventionnelle " avec laquelle la firme de Boulogne-Billancourt est déjà pleinement impliquée dans le cadre de son engagement en Formule E avec Nissan.
Le championnat du monde WEC n’en a toutefois peut-être pas terminé avec Alpine, grâce aux discussions tenues entre Signatech, le groupe Renault et de potentiels acteurs externes pour faire rouler les A424 la saison prochaine. D’un statut client à une autre forme " plus officielle " pour le compte d’une société tierce, plusieurs scénarios sont sur la table, avec le soutien d’Alpine Tech qui ne cache pas sa volonté de " vendre " le projet afin de trouver des financements et ainsi assurer un partenariat technique pour pérenniser le site de Viry-Châtillon et ses compétences.
" Nous travaillons sur de nombreuses options, comme vous pouvez l’imaginer ", confirme Axel Plasse, toujours pour Sportscar365.com. " Je dirais que, compte tenu du talent exceptionnel des équipes dont nous disposons — aussi bien dans le domaine des moteurs à combustion interne que dans celui des groupes motopropulseurs électriques —, il existe de nombreuses options intéressantes. Nous menons de nombreuses discussions avec différents acteurs et clients potentiels. Je ne peux pas en dévoiler les noms, mais nous travaillons sur des options solides ", assure-t-il.
De son côté, Signatech reste concentrée sur ses performances en piste. Le partenaire d’Alpine dans ce programme sait que de solides résultats aideront le groupe Renault à sécuriser son avenir. Un scénario en-dehors du Losange est également considéré mais n’est pas la priorité à l’heure actuelle.
" Nous discutons avec [Alpine] ", confirme Philippe Sinault, à Dailysportscar.com. " Nous prévoyons d’échanger afin de trouver une solution équitable. Je ne suis pas un homme d’affaires, je suis un pilote. Si vous voulez continuer en Hypercar, vous devez être sous la bannière d’un constructeur, donc nous verrons ce que l’avenir nous réserve. "
" Nous sommes prêts à discuter avec de nouveaux entrants s’il y en a mais pour l’instant, je préfère continuer à dialoguer avec Alpine ; Alpine est mon partenaire, et à ce stade, l’avenir se joue avant tout sur la piste ", ajoute-t-il.
La récente annonce du retrait de Honda en IMSA – et probablement l’abandon de son entrée en WEC – s’ajoute aux mauvaises nouvelles pour l’élite de l’Endurance, après Alpine, Porsche et Lamborghini. Le championnat vient cependant d’accueillir Hyundai (via Genesis) et s’apprête à lancer Ford et McLaren.
Dans ce contexte concurrentiel, il faut un partenaire solide pour faire rouler les A424 avec un niveau compétitif, même si la Balance des Performances aidera sans aucun doute le prototype Alpine à rester en forme. Reste à voir sous quelle forme et si cela se concrétise réellement. On ne doute pas des efforts déployés par Axel Plasse et ses troupes pour y parvenir, et ainsi réussir à maintenir un pied du groupe Renault dans l’univers de l’Endurance. C’est la meilleure façon, aujourd’hui, de sauver le sport automobile chez le Losange…
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