
Il y a d’un côté Valentin Simonet et sa Renault RS01 à l’assaut de l’impressionnante vallée de Pikes Peak. De l’autre, l’équipe Ollis Garage Racing et leur modeste Dacia Logan pour affronter l’enfer vert du Nürburgring. Deux univers impitoyables diamétralement opposés mais avec un point commun : celui de maintenir vivante la légende du Losange en sport automobile. Avec des moyens limités mais toujours une passion très communicative. Ce week-end à l’occasion des célèbres 24 Heures du Nürburgring, la star du jour n’était autre que la petite roumaine, capable à elle seule de détourner les regards au dépend des plus grands.
25,4 kilomètres majoritairement en forêt avec une boucle empruntant le tracé moderne anciennement utilisé par les Formule 1. 170 virages dont la plupart en aveugle. Un dénivelé d’environ 300 mètres fait de montées et descentes permanentes. Des passages étroits et une ligne droite principale longue de près de 2,6 kilomètres. Avec ses caractéristiques extrêmes, le Nürburgring Nordschleife n’usurpe pas sa réputation de circuit le plus difficile au monde. Cela d’autant plus que la météo, particulièrement capricieuse, aime épicer des courses souvent déjà très disputées.
Dans celui que l’on prénomme " Enfer vert ", la Dacia Logan détonne. Surtout dans une course où l’on retrouve les très performantes GT3 signées Porsche, Mercedes, Ferrari, Lexus ou encore Ford. C’est cependant toute la beauté de cette épreuve des 24 Heures du Nürburgring, ouverte à une large diversité de voitures, dont de nombreuses préparations amateures. C’est à l’image de ce circuit allemand dont l’accès est habituellement possible à tous, comme une simple autoroute. Les constructeurs l’utilisent souvent pour affiner les réglages de leurs sportives - en particulier Renault Sport et Alpine dont on se rappelle le record de la traction avant de série la plus rapide du monde avec la Mégane III RS -.
La Dacia Logan de première génération n’a rien d’un véhicule sportif. Dérivée de la Clio II, elle a vocation à être pratique, fiable et peu chère. Avec des moteurs diesel et essence affichant de 65 à 90 chevaux, ses performances restent modestes mais largement suffisantes pour un usage quotidien. Elle a d’ailleurs rapidement trouvé son public, et a lancé Dacia au-delà de son pays natal, la Roumanie. Aujourd’hui encore, la Logan continue sa " success-story " aux côtés des Bigster, Duster, Sandero et autres Spring.
Sa base technique n’en demeure pas moins intéressante. La Clio II est devenue redoutable une fois passée dans les mains de Renault Sport. Assez méconnue, la Logan a également connu sa déclinaison sportive. Elle emprunte le moteur K7M vu, entre autres, sur la Twingo RS ou la Wind 1.6l 16v. Allégée et réglée, elle devient très joueuse. Assez pour lui créer des compétitions dédiées en Allemagne, Roumanie et Russie. Une version rallye et rallycross a également été proposée.
D’une certaine façon, Ollis Garage Racing rend hommage à cette initiative et offre une visibilité jamais vue grâce à sa préparation " maison ". Spécialiste du groupe Renault mais indépendant, ce centre allemand s’est amusé à construire une voiture de course " artisanale " mais en respectant pleinement l’ADN du Losange. Le bolide roumain hérite ainsi du 2.0 turbo de la Mégane RS, certaines de ses pièces couplées à d’autres issues de la Clio RS. Pas de doute, il s’agit ici de bases très solides pour construire une redoutable machine.
Si Ollis Garage Racing fait beaucoup parler cette année, son projet d’engagement d’une Dacia Logan aux 24 Heures du Nürburgring est en réalité plus ancien. Sa première apparition date en effet de 2023 mais la voiture a été détruite après un accrochage. De retour en 2024, elle gagne le moteur de la Mégane RS et continue d’apprendre. Elle abandonne cependant à nouveau en 2025. L’édition 2026 n’a pas été un long fleuve tranquille. Pilotée par Oliver Kriese (fondateur de l’équipe), Alexander Becker, Christian Geilfus et Robert Neumann, la Logan a connu des bris mécaniques, une perte d’une roue ou encore une pénalité. Mais elle termine la course après des efforts énormes de la part de ses pilotes et de ses mécaniciens amateurs.
Sur 159 voitures engagées, elle se classe à 107e position. Elle est également 6e (sur 7) de sa catégorie SP3T dédiée aux voitures de tourisme turbo. Bien sûr, avec des chronos bien en-deçà des magnifiques GT3 dont la Mercedes de Max Verstappen, la victoire au général était impossible mais le buzz, lui, a été gargantuesque. Après le pilote néerlandais de Formule 1, la Dacia Logan était son conteste le deuxième centre d’intérêt de cette édition, portée par un vent de sympathie sans précédent. Une victoire " Dacia contre Goliath " finalement médiatique pour une équipe de copains passionnés, si heureux et émus de voir l’arrivée après une épreuve éprouvante marquée par une nuit blanche.
Ces initiatives méritent d’être saluées, particulièrement à l’heure où le sport auto connait des moments plus compliqués au sein du groupe Renault. L’âme de ce dernier vit de ces passionnés prêts à tout pour s’engager sur une course, tirer le meilleur de leur machine et, d’une certaine façon, rendre le plus bel hommage aux réalisations de la marque au Losange, tant dans l’industrie qu'en compétition. En franchissant la ligne d’arrivée des 24 Heures du Nürburgring ce dimanche, la Dacia Logan d’Ollis Garage Racing a, à sa façon, validée son intégration définitive dans le musée des réussites sportives du groupe Renault.
Nissan, Alpine Tech et Oliver Rowland vainqueurs à Monaco
Nissan, Alpine Tech et Oliver Rowland vainqueurs à Monaco
BYD, Gucci, Alpine suscite un vif intérêt pour ses programmes sportifs
Alpine recrute Jason Somerville
Alpine recrute Jason Somerville
Alpine recrute Jason Somerville
Alpine recrute Jason Somerville