
La frustration est certainement le sentiment dominant au sein de l’équipe Alpine à l’issue des 6 Heures de Sao Paulo. L’écurie officielle du groupe Renault a montré de très belles dispositions tout au long du week-end mais n’a pas été en mesure de les convertir en un résultat satisfaisant. Le A fléché quitte l’Amérique Latine avec trois petits points, un timide top 10 et une cinquième place au championnat des équipes. À mi-saison, tout reste à faire dans le peloton.
Conditions changeantes, stratégies audacieuses, batailles serrées en piste, il y avait tous les ingrédients pour offrir un magnifique spectacle aux amoureux de l’Endurance lors de ces 6 Heures de Sao Paulo. Sur le mythique circuit d’Interlagos – le même emprunté par les Formule 1 -, Alpine a su contrer des éditions passées difficiles par un excellent rythme. Grâce aux évolutions et à une préparation bien menée, les A424 se sont distinguées en essais libres jusqu’à s’offrir les troisième et cinquième chronos en qualifications.
La course a donné du fil à retordre aux deux A424. Partis du mauvais côté de la piste – bien plus humique -, les prototypes français ont perdu de nombreuses places au départ. La stratégie a été revue en conséquence pour s’affranchir du trafic mais des pénalités et des crevaisons ont eu raison de la progression des autos. La 35 notamment était parvenue à remonter jusqu’à la première place à l’attaque de la dernière avant de rencontrer des soucis avec l’un des pneumatiques.
Si Alpine n’aurait certainement pas gagné la course, elle aurait pu espérer un résultat plus haut dans le classement que les dixième et onzième positions finales. De quoi être frustré même si les cadres de l’écurie préfèrent observer le niveau de compétitivité affiché sur un circuit traditionnellement peu favorable. Avec encore une demi-saison à accomplir, le regard est tourné vers le futur plutôt que sur cette légitime déception.
" Le résultat est décevant ", concède Nicolas Lapierre, directeur sportif Alpine Endurance Team. " Nous n'avons pas réussi à concrétiser notre potentiel alors que le rythme affiché par l'A424 était assez solide pour viser un bien meilleur classement à l'arrivée. Les deux crevaisons, une sur chaque voiture, ont également compromis nos stratégies et nous ont empêchés de jouer nos cartes jusqu'au bout. C'est dommage, car nous avions les moyens de faire mieux. Nous devons retenir les éléments positifs de ce week-end, notamment la performance globale de la voiture et les progrès réalisés sur ce tracé où nous avions souffert l'an passé, et continuer à avancer pour revenir plus forts à Austin. "
" Ce n'était pas une journée facile, même si nous avions montré un rythme solide d'entrée de jeu ", ajoute pour sa part Philippe Sinault, Team Principal Alpine Endurance Team. " Sur la n°36, nous avons été mis en difficulté avec la dégradation des pneumatiques dès le deuxième relais. Nous avons décidé d'adapter notre stratégie en anticipant un arrêt pour retrouver un excellent niveau de performance. C'était le cas avec des chronos très compétitifs à la clé. Hélas, la crevaison de Victor a mis fin à nos espoirs de bon résultat. "
" Du côté de la n°35, le début de course a été plus compliqué, notamment en raison du trafic. Nous avons alors pris le risque de décaler notre stratégie. Cela nous a permis de revenir dans la lutte aux avant-postes, mais une crevaison dans la dernière heure a également compromis les ambitions de l'équipage avant même un éventuel ravitaillement éclair. Nous repartons forcément frustrés du Brésil, car le potentiel de l'A424 était clairement là et les positions finales ne reflètent pas notre véritable niveau. Nous devons maintenant analyser tous les éléments afin de continuer à progresser dans tous les domaines. Nous avons montré que nous étions dans le match et nous allons poursuivre notre travail pour revenir plus forts à Austin ", précise-t-il.
Le championnat du monde d’Endurance WEC reviendra en effet aux Etats-Unis du 4 au 6 septembre pour le Lone Star Le Mans sur le Circuit des Amériques. Alpine occupe à présent le cinquième rang du classement des équipes (sur huit) avec 41 points, soit une unité de plus qu’Aston Martin (sixième) et 19 de moins que Cadillac (quatrième). Le leader, Toyota, n’a pas inscrit le moindre point à Sao Paulo et compte 132 unités.
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