
La 94e édition des 24 Heures du Mans a permis à Alpine de livrer sa meilleure performance sur l’épreuve mancelle depuis son retour en catégorie reine Hypercar avec l’A424. L’écurie française s’est en effet distinguée en qualifications avec une pole position provisoire convertie en troisième ligne au départ, puis une sixième position à l’arrivée. Face à des structures Toyota, BMW et Cadillac particulièrement véloces, le A fléché a observé à distance le duel pour la victoire, engagée pour sa part dans sa propre lutte contre Ferrari. Un ultime combat sur la piste pour accompagner celui mené en coulisse pour assurer l’avenir du programme.
À la joie, la fatigue et le soulagement d’une course éprouvante s’ajoutent cette année celui d’une tristesse certaine : la fin du programme officiel de Renault en Endurance. Devant un public venu en nombre le soutenir, le A fléché cessera son engagement en championnat du monde WEC à l’issue de cette saison 2026, et ne participera donc pas aux 24 Heures du Mans 2027. Tout du moins, en l’état actuel des choses. Le cœur lourd, les yeux humides, l’émotion était palpable ce dimanche soir et illustre l’un des points forts du projet : la cohésion d’équipe et la fierté largement partagée entre ses membres de porter le projet d’une marque française mythique.
" Le faire avec un partenaire [Alpine, ndlr] qui a cet ADN, et qui nous a permis de vivre des rêves incroyables, des succès incroyables, c’est quelque chose de très fort ", s’exprime Philippe Sinault, l’homme fort de Signatech, le partenaire d’Alpine. " Je suis très fier du parcours que l’on a fait ensemble. Je crois que le cœur de chacun d’entre nous restera bleu jusqu’à la fin de ses jours. "
Personne ne veut croire à une mise au musée de l’A424. Le prototype a encore tant à donner, sa place est définitivement sur la piste. La réglementation Hypercar, stable jusqu’en 2030, oblige cependant le soutien d’un constructeur automobile pour continuer l’aventure. Sans Alpine ou Renault, il faut trouver une marque désireuse de s’engager ou, à défaut, un montage alliant un financement externe et la reprise d’un constructeur confidentiel à la façon de Vanwall avec ByKolles – projet aujourd’hui à l’arrêt. Alpine Tech et Signatech donnent l’avantage de fournir un projet clé en main, à tous les niveaux.
Comme c’est le cas en Formule E avec Nissan, les deux entités sont ainsi prêtes à poursuivre leur collaboration au profit d’un commanditaire désireux de mettre en place un programme à son nom. Des discussions sont menées en ce sens, et si l’identité des personnes intéressées est restée à la seule discrétion des acteurs impliqués dans ces pourparlers, des fuites – confirmées – ont fait part de candidats comme BYD. Si une réhomologation de la voiture peut être nécessaire, une certaine confiance règne quant au succès de l’un des scénarios envisagés. Les six pilotes sont ainsi priés de rester disponibles pour piloter la voiture l’an prochain.
" Avec Alpine, et en particulier avec les équipes de Viry-Châtillon, nous avons eu des échanges positifs avec certains contacts, mais rien de vraiment avancé pour le moment ", tempère Philippe Sinault à Sportscar365.com. " Il y a clairement des opportunités, […], comme vous le savez, en Hypercar, il est obligatoire d’avoir le soutien d’un constructeur. C’est la seule option que nous considérons pour le moment. "
" Ce que je peux dire, c'est que tout le monde est en ordre de marche pour qu'il y ait une suite et un futur ", précise-t-il au cours d’une autre interview accordée à Motorsport.com. " Quand je dis tout le monde, c'est y compris Alpine à nos côtés. On essaie de trouver les solutions parce qu'on a à écrire un avenir en commun, que ce soit nous sur le plan de l'exploitation, mais aussi Viry-Châtillon sur le plan des capacités qu'ils ont à développer et gérer un programme moteur autour de l'endurance. Notre volonté à tous, c'est de continuer, c'est clair, et ma volonté particulière, c'est de continuer avec la même équipe. "
La solide prestation de ces 24 Heures du Mans est un atout pour continuer le travail sur ces différents scénarios. Certains médias évoquent même un possible rétropédalage du groupe Renault. Coup de bluff d’une presse nostalgique ou réelle piste envisagée par le Losange – certainement avec l’apport d’un financement externe à l’image des partenariats en Formule 1 ? On aimerait y croire. " Nous devons nous montrer devant cette année, pour continuer à écrire notre avenir, qu’il soit collectif ou individuel ", rappelle, pragmatique, Philippe Sinault. Les 24 Heures du Mans n’étaient qu’une première bataille, la plus longue reste à mener et se comptera certainement en semaines : celle de gagner son ticket pour 2027…
Le Mans 2026, Formule 1 : Alpine reçu 10 sur 10
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