
Le cap de la mi-saison est atteint en Formule 1 et pour Alpine, l’heure d’un premier bilan. La campagne 2026 marque une profonde révolution pour l’écurie française, entre l’application de la nouvelle réglementation et l’adoption d’un moteur client. Après avoir sacrifié la précédente campagne, le A fléché a réussi à retrouver le peloton, mais avec un bilan contrasté. Une certitude cependant, la nécessité d’une réaction pour élever le niveau de jeu d’Enstone dans la conception de la voiture.
La saison 2026 offre un premier bilan très contrasté pour les employés d’Alpine. Il suffit de regarder les chiffres pour s’en convaincre. Après sept courses, le A fléché décroche 50 points, un podium et une solide cinquième place au classement des constructeurs. Depuis, et au moment où nous avons passé le cap des onze épreuves, seules quatre unités ont été décrochées, et l’écurie française de reculer au sixième rang, largement dominée par Racing Bulls et Audi.
Alpine perd la bataille du développement avec une A526 bien née mais pas en mesure d’améliorer ses performances. La monoplace bleue et rose avait débuté l’année avec l’avantage d’être déjà en-dessous du poids minimum, là où la concurrence parvient désormais à rattraper ce point précis. À cela s’ajoute des évolutions techniques efficaces pour placer les deux rivales devant notre voiture, en mal de nouveautés.
" Il faut tout simplement reconnaître qu’ils ont fait un meilleur travail à ce stade de l’année ", affirme Flavio Briatore. " Des évolutions arrivent prochainement, et nous devons faire le bond en avant dont nous savons être capables. Nous devons transformer ce sentiment en motivation supplémentaire à Enstone pour inverser la tendance. Nous n’avons pas été assez bons récemment, mais il reste une moitié de saison à disputer. Ce qui compte le plus, c’est notre position à l’issue de la dernière course. "
" Nous avons réalisé de bonnes performances lors des sept premières courses, je crois ", renchérit Steve Nielsen. " Nous avons eu un peu de chance à quelques reprises, mais nous étions toujours dans le coup pour marquer des points. Nous livrons une bataille de développement contre eux, contre Racing Bulls. Et j’entends dire que d’autres écuries, Aston Martin, Williams, apporteront également des évolutions majeures comme nous après la pause. Nous verrons bien. "
Les évolutions à venir, notamment pour le prochain Grand-Prix à Zandvoort, suscitent dès lors une forte attente. Racing Bulls, Audi et Aston Martin ont chacun réalisé un énorme bond en avant. Alpine doit en faire autant pour éviter de convertir une prometteuse saison 2026 en une déception.
" Ce n'est pas la réalité que j'ai envie de voir, mais on ne peut pas la cacher ", affirme un Pierre Gasly inquiet, dont les propos sont relayés par Motorsport.com. " Cela fait plusieurs courses que c'est un peu la même histoire : en qualifications, on est 12e ou 13e derrière Racing Bulls et Audi. En course, on se dit parfois qu'on va pouvoir être dans le match, je les vois devant moi, mais c'est simplement une question de rythme et nous ne sommes pas au niveau. "
" Les sensations dans la voiture ne sont pas bonnes. Elle ne réagit pas du tout comme je le voudrais et ne me permet pas de piloter comme j'en ai besoin. Il y a encore pas mal de choses à corriger. Je pense que l'aérodynamique est très inconstante. C'est quelque chose que nous connaissons et qui, j'espère, sera corrigé à Zandvoort ", poursuit le français.
" [Les progrès d'Aston Martin] montrent que nous pouvons faire un gros pas en avant et, je l'espère, nos évolutions de Zandvoort nous permettront justement de franchir un cap important ", ajoute Franco Colapinto, impressionné par la tenue en virage de la nouvelle version des monoplaces britanniques. " Il reste encore un long chemin à parcourir et nous ne tiendrons rien pour acquis. "
Zandvoort s’apparente donc à un véritable juge de paix pour Alpine, avec la confirmation des attentes vues à l’usine. Alpine a pourtant déjà apporté de grandes nouveautés au Japon et en Autriche, mais les gains restaient en-deçà des espérances. Un problème de corrélation entre les données à l’usine et celles de la piste pourrait être à l’origine de ces progrès limités ? Au Red Bull Ring, Steve Nielsen se posait la question.
" Nous ne nous sommes pas qualifiés assez bien, nos départs n’étaient pas assez bons et notre rythme avec beaucoup de carburant n’était pas suffisant, ce qui était décevant car nous avions une évolution assez importante sur la voiture. Nous devons comprendre pourquoi elle ne nous a pas apporté ce que nous pensions et nous y travaillons d’arrache-pied en ce moment ", affirmait le britannique.
Alpine pourra au moins bénéficier, à terme, d’une évolution moteur. Mercedes a reçu l’autorisation d’apporter des modifications à son bloc dans le cadre de la réglementation ADUO autorisant les motoristes à apporter des évolutions pour équilibrer les performances. Pourtant jugée comme étant la plus efficace dans sa globalité, la solution à l’Etoile a reçu l’accord pour une mise à jour, contrairement à Red Bull Ford. Alpine pourrait donc en bénéficier aux alentours du Grand-Prix d’Italie.
L’écurie française doit cependant maîtriser pleinement son équipement. Si le groupe motopropulseur est identique à la structure usine, son exploitation reste à la charge de l’équipe, avec ses propres connaissances. Et c’est un peu l’ironie de la situation d’Alpine. Après avoir abandonné son moteur maison sur l’autel du coût, la voilà confrontée à un statut client que l’on dit peu avantageux avec ces nouveaux moteurs. McLaren, en particulier, s’est fait entendre sur ce point, en révélant par exemple n’avoir reçu les outils de simulation il n’y a que quelques semaines seulement. Mercedes reconnaît volontiers son avantage.
" Lors d’une période marquée par une nouvelle réglementation, une équipe qui développe de manière intégrée le groupe propulseur et le châssis bénéficie forcément d’un certain avantage, simplement parce que le développement du châssis réalisé sur le simulateur présente toujours un temps de retard ", précise à ce sujet Toto Wolff, l’homme fort de l’Etoile. " C’est pour cette raison qu’il y a des éléments qu’il faut apprendre du côté du châssis lorsque l’on exploite un nouveau groupe propulseur, et c’est exactement ce qu’ils disent depuis le début. "
" C’est une véritable course pour rattraper son retard, et je pense que nous arrivons désormais à un stade où l’on voit que la courbe de développement et de compréhension va commencer à se stabiliser. À ce moment-là, tout le monde disposera à peu près du même niveau de compréhension de ces éléments ", ajoute-t-il.
Alpine peut donc légitimement espérer du mieux dans les prochaines semaines grâce à son moteur. Le bloc Mercedes n’est de toute façon pas la source du problème pour le A fléché aujourd’hui. C’est d’ailleurs l’autre constat. Après avoir été critiqué de tous les maux, Viry-Châtillon a été écarté du projet. Seulement voilà, Enstone n’a aujourd’hui aucune excuse, et le bilan est implacable : avec ou sans le moteur Renault, la situation est identique. Une écurie de peloton, incapable d’atteindre le quatuor, et malmenée dans son propre tableau. Comme depuis 2016 et la reprise de l’équipe.
La même chanson, avec des configurations différentes autour d’une entité d’Enstone finalement identique. Le site britannique a souffert de nombreux changements organisationnels, de doutes. 2026 est certainement la première année d’une certaine stabilité chère à François Provost, CEO du groupe Renault. L’A526, première réalisation d’une structure pérenne, a montré une claire montée en puissance, mais peut-on réellement se satisfaire de ce niveau à l’heure où McLaren, pourtant équipée du même bloc, joue la victoire ?
Avec les budgets plafonnés, le meilleur moteur du plateau, Alpine doit viser plus haut, et constater un recul des performances est alarmant. Il y a des sources pour être optimiste et au moins inverser la tendance. C’est l’urgence à court terme, dans une saison fondatrice pour la Direction de Renault, désireuse de viser plus haut à terme. " Notre objectif est d'atteindre au minimum la sixième place. C'est la première étape. C'est à partir de là que nous définirons notre nouvelle vision, notre nouvelle ambition ", estimait récemment François Provost.
Enstone est donc prévenue. Elle sait ce qu’elle doit faire pour corriger le tir et répondre à des rivales très ambitieuses. McLaren montre la voie en qualité de client Mercedes ; Racing Bulls, Audi et Aston Martin sur le plan du développement. Alpine doit réagir et apporter une réponse sur cette deuxième partie de saison.
Le moteur Mercedes a été conçu pour le châssis Mercedes et le style de pilotage de ses pilotes avant tout![]()
Quelle erreur grossière de prendre ce moteur non étudié pour le châssis Alpine et le style des pilotes de la marque ![]()
On a peut être le temps de ressortir le bon moteur RENAULT de sa boite au fond du garage![]()
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Alpine en attente d’une réaction, et vite !
En manque de rythme, Alpine loin du compte en Hongrie
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