
En ce premier jour du mois de juin, la France s’apprête à vivre au rythme du sport automobile. Si le Grand-Prix national n’est pas revenu au calendrier de la Formule 1, celui de Monaco (5-6-7 juin) comble à sa façon cette absence. Une semaine plus tard, la Sarthe prend le relais avec la tenue de la 94e édition des 24 Heures du Mans (13-14 juin). Deux rendez-vous légendaires où le groupe Renault sera présent avec Alpine mais dans un contexte d’une importante cure d’amincissement.
Disparition du moteur Renault, arrêts futurs des programmes WEC et W2RC, le sport automobile version Losange est inscrit dans un régime drastique. La firme de Boulogne-Billancourt aime pourtant rappeler son attachement au sport automobile, en communiquant dès que possible avec ses légendes. On a pu par exemple apercevoir Pierre Gasly au volant de la Renault RS10 au Castellet à l’occasion du KENNOL Grand Prix de France Historique, ou encore lors du Sport & Collection 2026 organisé le week-end dernier, avec de nombreux modèles emblématiques.
Les initiatives pour mettre à l’honneur le patrimoine sportif de Renault sont nombreuses, et cela n’est pas nouveau. Cette année cependant, la présence de ces voitures s’accompagne d’une certaine mélancolie et alimente la frustration de voir une marque à l’ADN sportif prononcé vivre au travers de son passé, sans se donner un nouvel environnement compétitif pour poursuivre la légende. Tout du moins sous son nom ou avec une machine entièrement maison.
L’arrivée de Gucci chez Alpine pour former Gucci Racing Alpine Formula One Team apporte cependant un peu de lumière sur les motivations sportives du groupe. Si certains médias évoquent la possibilité de voir Kering prendre le contrôle d’Enstone comme Benetton avait pu le faire lorsque la firme italienne est passée de sponsor à propriétaire de Toleman dans les années 80, Renault affiche un discours ferme sur le sujet. Il n’est pas question de vendre.
Avec Gucci, le Losange trouve une source de financement d’envergure. On parle tout de même de plus de 150M€ répartis sur au moins trois saisons. Surtout, Alpine s’associe à une référence dans l’univers du luxe pour former une alliance très haut-de-gamme en parfaite harmonie avec le monde élitiste de la Formule 1. La présence de François Provost dans l’annonce n’est pas anodine et rassure, en plus des discours affichés en marge de l’annonce du partenariat.
" Nous conserverons bien sûr les 76 % ", affirme notamment Philippe Krief, CEO d’Alpine, aux médias présents lors de la conférence de presse. " En termes d’actionnariat, nous faisons partie du conseil d’administration et nous prenons certaines décisions ensemble. Mais quoi qu’il en soit, nous conservons la majorité, car cela fait partie du plan pour qu’Alpine poursuive son engagement en Formule 1. "
Si Alpine doit fournir de gros efforts pour devenir rentable dans l’industrie, la Formule 1 reste le meilleur terrain de jeu pour gagner en notoriété et devenir légitime dans le monde du luxe. L’accord avec Gucci a déjà enregistré des retombées marketing phénoménales, offrant au groupe Renault une présence médiatique " gratuite " grâce aux publications dans les médias et les réseaux sociaux. C’est le pouvoir des marques fortes, comme seules Kering ou la Formule 1 peuvent offrir.
Pour le groupe Renault, vendre Alpine aujourd’hui serait une opportunité manquée. La valeur de l’équipe ne cesse d’augmenter avec un pic attendu dans les prochaines années. Otro cherche en revanche à se séparer de ses 24%, achetés aux alentours de 170M€. L’actionnaire minoritaire d’Enstone demande aujourd’hui plus de 600M€. Trop pour Mercedes, l’un des favoris pour investir. D’après des informations de la BBC, la firme allemande évalue Alpine à 1.8 milliards d’Euros, l’équivalent de 440M€ pour la partie d’Otro.
Le retrait de Mercedes ouvre la voie à Christian Horner et ses partenaires financiers. Renault ne serait toutefois pas favorable à la venue du britannique. Le Losange reste soucieux du profil des futurs investisseurs, avec la volonté pour le groupe français de trouver un associé actif et ambitieux pour aider à développer l’équipe en partageant une vision commune.
Également évoquée, l’arrivée de BYD paraît incertaine. Le constructeur chinois veut être seul à bord et serait prêt à créer de toute pièce son écurie pour y parvenir.
Renault dispose d’un pouvoir de véto sur l’identité du repreneur jusqu’au mois de septembre. Si le retrait de Mercedes rabat les cartes, le Losange et Otro peuvent surfer sur des performances en nettes hausses et l’accord avec Gucci pour gagner en valeur. Le recrutement récent de Jason Somerville témoigne d’ailleurs de l’amélioration de la réputation de l’équipe.
Ces tergiversations n’ont cependant aucun impact sur le fonctionnement quotidien d’Alpine. Cette dernière reste pleinement concentrée sur sa saison 2026 et au-delà. En plus de travailler à renforcer son département technique par l’ajout de nouveaux ingénieurs – de nouvelles recrues sont attendues -, le A fléché évalue ses options pour les pilotes.
Sous-contrat, Pierre Gasly devrait poursuivre en qualité de leader. Un temps sur la sellette, Franco Colapinto progresse de façon vertigineuse et semble gagner son ticket pour 2027. L’argentin bénéficie en outre du soutien de Renault, désireux de développer ses activités en Amérique du Sud. Flavio Briatore travaille toutefois sur un plan B. Si l’option Paul Aron reste une possibilité, la presse évoque l’un des pilotes Mercedes dans le cas où Max Verstappen faisait le choix de quitter Red Bull au profit de la firme à l’Etoile.
Le retour d’un moteur Renault est vivement souhaité mais certainement pas dans les plans de l’équipe. Tant que l’équation économique restera défavorable, il ne faut pas s’attendre à revoir un bloc frappé du Losange sur les grilles, à moins d’un revirement stratégique extraordinaire au sein de la Direction. La solution Mercedes reste aujourd’hui la solution la plus viable, peu coûteuse et compétitive, tout en s’intégrant parfaitement à l’axe marketing Gucci-Alpine.
L’accord avec Mercedes devient toutefois incertain après le retrait du constructeur allemand des négociations pour investir dans l’écurie française. La firme à l’Etoile cherche à réduire le nombre de ses clients et devra choisir parmi Alpine, McLaren et Williams. Le A fléché bénéficie d’une certaine aura grâce aux dernières annonces, mais les deux autres pourront mettre en avant leur fidélité pour faire la différence.
Bien que faisant l’objet d’aucune information aujourd’hui, un scénario que l’on peut imaginer serait de voir Horse Powertrain ou une entreprise externe financer Viry-Châtillon pour développer un moteur de Formule 1. Dans le cas de la co-entreprise de Renault – Geely – Aramco, un V6 vient tout juste d’être annoncé, avec la possibilité de le faire évoluer en V8. Son ambition est de devenir un acteur majeur dans la fourniture de moteurs pour l’industrie automobile. La discipline reine pourrait servir de plateforme idéale pour développer sa notoriété, d’autant que les discussions vont dans le sens d’un retour du V8 avec une réduction de l’hybridation.
À l’heure où l’Hexagone devient l’épicentre de l’élite du sport automobile mondial pour quelques semaines, son unique équipe nationale – ou ce qu’il en reste – fait l’objet de nombreuses sollicitations. Le groupe Renault a au moins le mérite de maintenir en vie ce projet, même si la méthode est discutable pour tous les passionnés que nous sommes. Avec Gucci, un nouvel horizon s’ouvre et ce n’est pas qu’une question de couleurs. Cet accord dépasse le cadre de la Formule 1, en espérant qu’il puisse développer à la fois l’écurie, la marque Alpine, mais aussi le goût pour le sport automobile chez les décisionnaires du groupe.
Un vent d'optimisme souffle sur l'écurie de Renault, ca fait du bien ...
Le meilleur est a venir, et ca fait plaisir, même si il reste énormément de travail pour rattraper les Mercedes Ferrari, red bul et mc laren .....
Ca se faira petit a petit, l'important est deja d'être a la tete du peloton maintenant...
Et merci a confidential Renault de faire vivre ce site avec des articles toujours tres intéressant..merci pour ce travail
Avec Gucci, Renault poursuit la montée en puissance d'Alpine
Alpine et Gucci scellent leur accord pour former Gucci Racing Alpine Formula One Team
Alpine et Gucci scellent leur accord pour former Gucci Racing Alpine Formula One Team
Alpine et Gucci scellent leur accord pour former Gucci Racing Alpine Formula One Team
Alpine et Gucci scellent leur accord pour former Gucci Racing Alpine Formula One Team
Alpine et Gucci scellent leur accord pour former Gucci Racing Alpine Formula One Team
Alpine et Gucci scellent leur accord pour former Gucci Racing Alpine Formula One Team
Alpine et Gucci scellent leur accord pour former Gucci Racing Alpine Formula One Team