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Alpine F1 Team

Formule 1 - Equipes - Alpine F1 Team

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Sous l’impulsion de son nouveau CEO Luca de Meo, le groupe Renault a réorganisé en 2020 la mission de chacune de ses marques et leur stratégie marketing associée. Relancé en 2017 avec le lancement commercial du coupé A110, Alpine est devenu le centre névralgique de toutes les activités hautes performances, avec la fusion d’elle-même avec Renault Sport Cars, Renault Sport Racing et Renault F1 Team. En conséquence, et pour soutenir une ambition internationale, le A fléché est lancé en Formule 1 en lieu et place du Losange. Le nom " Renault " est maintenu pour les moteurs, avec la mise en avant de la technologie hybride E-Tech.

Après Renault Turbo Elf (1977-1985), Renault F1 Team (2002-2010), Lotus Renault GP (2011) puis de nouveau Renault F1 Team (2016-2020), Alpine F1 Team est donc la cinquième itération de l’écurie usine officielle de la firme de Boulogne-Billancourt. Sous ces nouvelles couleurs bleu-blanc-rouge, Renault aspire à convertir en victoire les investissements réalisés depuis 2016 sous son propre nom, après avoir décroché ses premiers podiums en 2020. Les yeux sont cependant tournés vers 2022, date d’introduction d’une révolution réglementaire. De fait, 2021 fait office d’année de transition, avec la mise en place d’une nouvelle organisation à sa tête, et l’arrivée de Fernando Alonso à son volant.

L’espagnol fait ainsi son grand retour en Formule 1 et a choisi Alpine pour ce faire. Il est accompagné du français Esteban Ocon, déjà présent la saison précédente. L’A521 est présentée dans le courant du mois de janvier, en présence de Luca de Meo. Il s’agit d’une légère évolution de la R.S.20, dotée d’ajustements en lien avec des mises à jour réglementaires visant à réduire l’appui aérodynamique. De nouveaux pneumatiques Pirelli sont également lancés, tandis que la Formule 1 met en place un système de jetons pour limiter les développements afin de réduire les coûts. Renault procède par ailleurs à un remaniement de sa Direction, avec la promotion de Macin Budkowski, le départ de Cyril Abiteboul et les recrutements de Laurent Rossi et Davide Brivio.

Après une période hivernale studieuse, Alpine-Renault connaît un début timide avec une montée en puissance progressive de Fernando Alonso et de son A521. L’espagnol doit reprendre le rythme là où sa monoplace souffre des modifications techniques imposées par la réglementation. L’écurie française parvient cependant rapidement à corriger la copie, et les premiers points ne tardent pas. Constante et dotée d’un bon équilibre d’ensemble, la monoplace bleue et rouge souffre toutefois d’un léger déficit de puissance. Elle accumule néanmoins les top 10 avec ses deux pilotes, cela contribue à maintenir Alpine-Renault dans une course serrée pour la cinquième place, face à AlphaTauri-Honda et Aston Martin-Mercedes.

L’écurie usine du Losange porte un coup décisif dans sa bataille à l’occasion d’un Grand-Prix de Hongrie légendaire où le nom Alpine fait son entrée dans le cercle fermé des vainqueurs en Formule 1. Sur les terres de la première victoire de Fernando Alonso, le clan français profite d’un départ chaotique sur piste détrempée et d’une stratégie pneumatique audacieuse pour prendre la tête de la course avec Esteban Ocon. Le pilote normand mène de bout en bout l’épreuve et tire profit d’une défense héroïque de Fernando Alonso pour éviter le retour d’un Lewis Hamilton bien plus rapide. Esteban Ocon et Alpine-Renault signent leur première victoire au terme d’une journée complètement folle.

Ce succès galvanise les troupes. Le A fléché poursuit sa série de top 10 et ajoute un autre podium à son palmarès grâce à Fernando Alonso au Qatar. Difficile à exploiter à ses débuts, l’A521 est devenue une machine performante à l’image de sa devancière. Elle permet à Alpine-Renault de sécuriser la cinquième place du championnat des constructeurs, avec une dynamique positive à l’heure où les ressources et les yeux sont complètement tournés vers 2022. Le nouveau règlement offre en effet une opportunité de grimper dans la hiérarchie, avec une évolution technique et un budget cap. Un contexte sur lequel Renault se prépare depuis 2016.

De gros espoirs sont ainsi placés sur la nouvelle A522, poussés par l’arrivée d’un sponsor titre BWT. L’équipe officielle du Losange annonce par ailleurs l’arrivée d’Otmar Szafnauer en qualité de Team Principal. Elle reste prudente sur ses objectifs mais ne cache pas sa volonté de vouloir jouer devant. La présence d’un duo de pilotes identique ajoute une stabilité bienvenue, poussée par un Fernando Alonso infatigable et très ambitieux. Un cap doit être franchi avec cette saison 2022.

C’est effectivement le cas pour la monoplace devenue bleue et rose, mais certainement pas à la hauteur des espérances. Alpine-Renault parvient en effet à sortir du milieu de peloton pour davantage s’installer à l’avant du top 10. Elle s’engage en ce sens dans une lutte serrée face à McLaren-Mercedes pour le compte de la quatrième place du championnat. Un duel qu’elle remporte d’ailleurs à l’issue de la saison. Si ce résultat est une source évidente de satisfaction, il cache en réalité un retard abyssal avec le trio de tête, renforcé par une fiabilité moteur précaire. Alpine-Renault ne signe aucun podium et chacun retiendra un triste épisode extra-sportif autour de ses pilotes.

2022 est en effet l’année du désormais tristement célèbre tweet d’Oscar Piastri, le jeune espoir soutenu et financé par Renault. Au cours de l’été, Alpine apprend le départ surprise de Fernando Alonso pour Aston Martin, sur fond de désaccords autour de la durée du nouveau contrat de l’espagnol avec le A fléché. Dans la foulée, Alpine annonce la titularisation de son espoir australien, qui dément aussitôt sur la plateforme Twitter et refuse de courir pour Alpine. Dans les faits, Oscar Piastri avait en fait déjà signé avec McLaren ! Débute alors un imbroglio totalement ubuesque autour du contrat du jeune pilote, une bataille finalement perdue face à sa rivale britannique. Alpine-Renault prend un énorme coup autour de sa crédibilité, en plus de déstabiliser inutilement son équipe.

L’équipe française tente toutefois de ne pas perdre la face et attaque la saison 2023 avec la conviction de pouvoir capitaliser sur l’A522 dont la base reste solide. Avec un travail de fond mené sur le moteur et le recrutement notable de Pierre Gasly pour remplacer Fernando Alonso – et par extension Oscar Piastri -, Alpine-Renault compte pouvoir défendre son statut de quatrième force et se rapprocher de la tête. C’était sans compter sur un meilleur travail de la concurrence.

Là où le A fléché était attendu, c’est finalement Aston Martin-Mercedes que l’on retrouve. L’écurie britannique, nouvelle maison de Fernando Alonso, réalise une montée en puissance exceptionnelle au point de devenir, un temps, une prétendante au titre mondial. Si l’équipe s’effondre en deuxième partie de saison, McLaren-Mercedes réalise à son tour une " remontada " exceptionnelle après avoir scruté les dernières lignes sur les premières courses. Cumulant les podiums et les gros points, elle éclipse sans aucune difficulté les Alpine-Renault.

Dans ce contexte compétitif, l’écurie usine du groupe Renault paraît bien faible, incapable d’élever son niveau de jeu. Elle se contente de top 10 et si elle parvient à signer deux podiums tout en assurant une bonne fiabilité moteur, ces résultats sont au-deçà des attentes. Surtout, Aston Martin-Mercedes et McLaren-Mercedes prouvent qu’il est possible de sortir du peloton pour jouer la victoire. Elles enlèvent finalement toute forme d’excuse pour expliquer les difficultés du A fléché à progresser dans la hiérarchie depuis toutes ces années.

Cet état de fait exaspère Luca de Meo dont l’impulsivité le pousse à remercier Laurent Rossi, Otmar Szafnaeur et Alan Permane au cours de l’été. Bruno Famin est nommé par intérim. Ce remaniement pèse à nouveau sur la crédibilité du projet après la précédente crise estivale de 2022. En reculant dans la hiérarchie, de nombreuses questions apparaissent sur la capacité de Renault à faire de son équipe une structure gagnante, au point, pour certains, d’évoquer des ambitions de vente.

Passionné de sport automobile et très actif sur le sujet, Luca de Meo rassure quant aux motivations du groupe à soutenir son engagement dans la discipline. Alpine est dès lors très attendu pour redresser la barre avec une saison 2024 dont l’objectif est de faire oublier ses récentes contre-performances et histoires extra-sportives.

L’instabilité humaine et psychologique n’a cependant rien de bon pour concevoir sereinement une bonne monoplace, surtout dans un secteur aussi compétitif que la Formule 1. Alpine-Renault en fait l’amer expérience avec la nouvelle A524. Le bolide français éprouve des difficultés à recevoir une homologation et paie par un poids élevé les modifications pour y parvenir. À cela s’ajoute un moteur en déficit de puissance à l’heure où la réglementation est gelée pour deux ans. Le Losange se voit refuser à ce titre une dérogation pour remettre à niveau son bloc et doit donc composer avec ce déficit pour les saisons 2024 et 2025.

Il faut attendre la sixième course pour voir Alpine-Renault décrocher péniblement son premier point. D’autres suivent occasionnellement poussant la firme au A fléché à effectuer un énième remaniement, cette fois de son département technique. Engagée dans une bataille pour ne pas devenir la lanterne rouge, Luca de Meo fait appel à Flavio Briatore, une ancienne gloire de l’écurie – mais aussi l’investigateur du célèbre crashgate – pour redresser le projet. Son réseau, son expérience et son manque d’empathie au service de ses ambitions sportives sont attendus pour permettre à Alpine-Renault de trouver la recette victorieuse.

Sa nomination insuffle un vent nouveau sur l’équipe avec un discours assuré. À partir de 2026, date d’introduction d’une nouvelle révolution réglementaire, l’équipe usine du Losange jouera à nouveau les podiums. Pour ce faire, Flavio Briatore nomme Oliver Oakes en remplacement de Bruno Famin, rappelé sur d’autres fonctions à Viry-Châtillon. Esteban Ocon paie certains comportements hasardeux en piste à l’égard de Pierre Gasly et voit son contrat s’arrêter avant la dernière épreuve de la saison. Le jeune espoir Jack Doohan est nommé, sans réellement motivation.

Surtout, Flavio Briatore pousse Luca de Meo à prendre une décision impensable : cesser la conception et la production d’un moteur de Formule 1 par Viry-Châtillon. Ce choix créé une nouvelle crise majeure au sein de l’équipe, avec des protestations au Grand-Prix d’Italie et la sollicitation des politiques pour éviter l’arrêt d’un savoir-faire exceptionnel. Rien n’y fait cependant, le développement du moteur 2026 est stoppé et Renault arrêtera son activité de motoriste à l’issue de la saison 2025.

Comme un symbole, l’équipe décroche un incroyable double podium lors du Grand-Prix du Brésil, au terme d’une course folle où l’audace stratégique du A fléché permet à Esteban Ocon et Pierre Gasly de se retrouver sur la boîte. Au-delà d’un moment fort avec la présence de deux pilotes normands, anciens copains, sur le podium, ce résultat sauve la saison d’Alpine-Renault. Désormais sixième du classement des constructeurs, l’A524 retrouve étonnement de la performance et défend avec brio ce nouveau statut.

Une conclusion inespérée au terme d’une année cauchemardesque. Les dernières décisions poussent la presse à évoquer un retrait total de Renault de la Formule 1, ce dont Luca de Meo s’évertue à démentir. La signature en novembre d’un partenariat moteur avec Mercedes à compter de la saison 2026 n’apaise pas réellement ces rumeurs, mais la Direction du A fléché maintient un discours rassurant sur ce point. Pour la première fois de son Histoire, une " Renault " usine participera donc à une course de Formule 1 avec un moteur étranger…

Il reste cependant une année au moteur français pour faire ses adieux convenablement. Le contexte ne favorise cependant pas l’idée d’une A525 très compétitive. Elle reprend une base délicate bien que nettement améliorée, un moteur en retrait et surtout, Enstone est totalement tournée vers 2026. Un plan de développement très limité est ainsi mis en place et Alpine-Renault compte sur une approche similaire de la concurrence pour défendre une place correcte au championnat.

Sur ce point, le A fléché sous-estime ses adversaires. Aux essais privés pourtant, l’A525 affiche des performances convaincantes. La presse n’hésite pas à juger la monoplace française de solide cinquième force. En Australie cependant, c’est la douche froide. Le bolide bleue et rose est totalement dépassé. Il faut attendre le Grand-Prix de Bahreïn – là où les tests ont eu lieu – pour voir une voiture performante. En réalité, l’A525 est très capricieuse et fonctionne dans une fenêtre très précise, sur des tracés particuliers.

Cette caractéristique peu reluisante s’ajoute à une concurrence agressive sur le plan des développements. L’Alpine-Renault, déjà mal au point, continue de perdre du terrain et s’enfonce, seule, à la dernière place du classement. Au sein de l’écurie française, le moral est au plus bas, d’autant qu’Oliver Oakes est contraint de démissionner pour raisons personnelles, Luca de Meo en fait autant à l’appel d’une autre entreprise du luxe grâce à un salaire mirobolant. Quant à Jack Doohan, il dispose d’une poignée de courses pour convaincre. Sous une pression énorme, il est remplacé par Franco Colapinto, recruté plusieurs millions à Williams-Mercedes. Il n’en faut pas plus pour réactiver les rumeurs d’une vente totale de l’écurie et de nombreuses critiques sur la gestion des pilotes de la part de Flavio Briatore.

La nomination de François Provost à la tête du groupe Renault rassure néanmoins. Le français se rend dans le paddock et confirme sa volonté de voir Alpine poursuivre en Formule 1, avec la structure actuelle, soulignant la nécessité d’une stabilité absolue. Convaincu par la direction prise pour 2026, Pierre Gasly prolonge aux côtés de Franco Colapinto dont les erreurs en piste sont pourtant nombreuses. Fortement soutenu, l’argentin est un élément clé de la stratégique marketing du Losange à l’international.

Cette fois-ci lanterne rouge de la saison 2025, Alpine offre un adieu déroutant au moteur Renault dont l’Histoire et le palmarès ne reflètent en rien un tel résultat sportif. Ecarté du monde de la Formule 1, Viry-Châtillon met tout de même en place une cellule de veille avec le doux espoir de pouvoir réactiver un retour dans quelques années. Enstone porte de son côté la nouvelle page du Losange en Formule 1, toujours sous l’identité d’Alpine et avec un moteur Mercedes.

Désormais exemptée de la moindre excuse, l’entité britannique doit absolument réussir le virage réglementaire pour placer le A fléché à l’avant du classement. La patience de François Provost pourrait être à mal dans le cas inverse. Le goût d’une réussite est néanmoins bien plus fade avec la présence d’un bloc étranger, mais la Formule 1 n’est pas avare en association sportive étonnante. Avec Pierre Gasly et Franco Colapinto à son volant, la nouvelle A526 porte en elle l’heure de vérité pour le programme F1 du groupe Renault.

Statistiques


InformationsStatistiques
Grand Prix disputés114
Nombre de saisons5
Nombre de pilotes5
Nombre de monoplaces5
Nombre de Titres Mondiaux0
Victoire1
Pole position0
Meilleur tour1
Podiums6
Points535

Saisons

2021 Alpine F1 Team Renault
5e au championnat des constructeurs ; F.Alonso 10e, E.Ocon 11e

2022 BWT Alpine F1 Team Renault
4e au championnat des constructeurs ; F.Alonso 9e, E.Ocon 8e

2023 BWT Alpine F1 Team Renault
6e au championnat des constructeurs ; E.Ocon 12e, P.Gasly 11e

2024 BWT Alpine F1 Team Renault
6e au championnat des constructeurs ; E.Ocon 14e, P.Gasly 10e, J.Doohan 24e

2025 BWT Alpine F1 Team Renault
10e au championnat des constructeurs ; P.Gasly 18e, J.Doohan 21e, F.Colapinto 22e

Evolution des performances

Evolution du classement constructeurs

Evolution du nombre de points